Un vol en montgolfière en Slovaquie, ça se planifie, mais c’est toujours la météo qui a le dernier mot. On ne vole que tôt le matin ou avant le coucher du soleil : prévoyez donc un réveil matinal et des dates flexibles. J’ai volé au-dessus de Košice et au pied des Tatras. Mon conseil : le retour au point de décollage peut prendre plus de temps que le vol lui-même.
Sommaire3 chapitresMasquerAfficher
- 01Comment réserver un vol en montgolfière et quand il est confirmé
- Depuis quand vole-t-on en ballon en Slovaquie ? Un peu d’histoire
- Slovak Balloon Cup à Veľká Lomnica
- Pourquoi vole-t-on en montgolfière seulement le matin et le soir ?
- 02Mes vols en montgolfière au-dessus de Košice et au pied des Hautes Tatras
- Vol en montgolfière : à quoi faire attention
- 03Trois conseils de Milan Bez Mapy avant votre premier vol
Peut-on vraiment planifier un vol en montgolfière en Slovaquie à l’avance ? En partie, oui, mais c’est toujours la météo qui décide, pas le calendrier. J’en ai fait l’expérience deux fois la même année.
En mai, j’ai survolé Košice en montgolfière pendant la Balónová fiesta, le festival de montgolfières de la ville. Quelques mois plus tard, je me suis retrouvé dans une nacelle à la Slovak Balloon Cup, au pied des Tatras. Là-bas, j’ai volé une fois dans un brouillard qui, bien au-dessus des nuages, s’est soudain changé en matinée limpide. Et une fois par temps parfaitement clair, avec toutes les Hautes Tatras sous les yeux. Les deux vols avaient un point commun : ils ont décollé tôt le matin ou juste avant le coucher du soleil.
Ce n’est ni un hasard ni une manie des pilotes : il y a une explication physique simple, j’y reviens plus bas. Mais voyons d’abord comment s’organise un vol en montgolfière, à quoi s’attendre et ce qu’il faut prévoir si vous voulez vous aussi en réserver un.
Comment réserver un vol en montgolfière et quand il est confirmé
Mon tout premier vol en montgolfière, je l’ai fait en Cappadoce, en Turquie. Mes trois vols suivants, en Slovaquie, se sont déroulés exactement de la même façon. Un vol en montgolfière en Slovaquie se réserve comme n’importe quelle autre activité. On choisit le lieu, on achète un bon de vol ou une date précise, puis on attend la confirmation du pilote. La différence avec une excursion classique, c’est que le feu vert définitif n’arrive en général que la veille, voire le matin même du vol : c’est là que le pilote consulte les dernières prévisions. Si la météo ne suit pas, le vol est reporté à une autre date sans frais. Ce n’est donc pas de l’argent perdu, juste un plaisir repoussé.
- L’astuce de Milan À la Slovak Balloon Cup, jusqu’à sept décollages étaient prévus sur cinq jours, le matin comme en fin d’après-midi. Même si la météo gâche un vol, les chances d’obtenir un autre créneau pendant le même événement sont donc bonnes. C’est exactement comme ça que j’ai fini par voler deux fois.
Depuis quand vole-t-on en ballon en Slovaquie ? Un peu d’histoire
Le vol en montgolfière a l’air d’une activité moderne, mais c’est en réalité l’une des plus anciennes façons de voler. Les frères Montgolfier ont fait la première démonstration publique d’un ballon à air chaud à Annonay, le 4 juin 1783. Le ballon est d’abord parti sans équipage, puis, quelques mois plus tard, avec des passagers à bord, au-dessus de Paris. On sait moins que la Slovaquie a suivi presque aussitôt. Dès le 25 mai 1784, moins d’un an après le premier vol des Montgolfier, une montgolfière de fabrication artisanale s’est élevée à Bratislava même.
Elle est partie de l’actuelle place de la Liberté (Námestie slobody) et a atterri dans les Petites Carpates (Malé Karpaty). Bratislava fait ainsi partie des toutes premières villes au monde où l’on a tenté ce que font aujourd’hui les pilotes près des Tatras ou au-dessus de Košice. Dans l’est du pays aussi, le ballon a sa date précise. Le premier vol d’un ballon avec équipage au-dessus de Košice a eu lieu en juin 1906. On avait fait venir de Budapest un ballon baptisé Turul. Pour son vol d’essai, il a décollé près de la gare, puis il est reparti d’un terrain de jeux de l’actuelle rue Štúrova.
Exactement 120 ans plus tard, en mai 2026, Košice accueillait la 29e édition de la Balónová fiesta, et j’ai pu y aller moi aussi. C’est l’un des plus anciens festivals de montgolfières de Slovaquie. Pendant cinq jours, des dizaines de ballons venus de plusieurs pays d’Europe et du monde s’élèvent dans le ciel. L’entrée est gratuite, on ne paie que le vol.
Slovak Balloon Cup à Veľká Lomnica
La Slovak Balloon Cup est un autre genre d’événement. Il ne s’agit pas seulement de vols panoramiques, mais d’une compétition internationale officielle de montgolfières, homologuée par la Fédération aéronautique internationale (FAI).



Elle a lieu au pied des Tatras, à Veľká Lomnica. Des pilotes de dizaines de pays y participent, et la plupart enchaînent directement avec les championnats du monde. Mon expérience là-bas avait donc une autre saveur qu’un vol panoramique classique. J’ai vu de près comment se préparent des pilotes qui, quelques semaines plus tard, volent au plus haut niveau.
Pourquoi vole-t-on en montgolfière seulement le matin et le soir ?
C’est sans doute la question qu’on m’a le plus souvent posée quand je parlais de vol en montgolfière en Slovaquie. La réponse est simple : c’est une affaire d’air, pas de pilotes. Dans la journée, le sol se réchauffe de façon inégale. Au-dessus des champs, de l’asphalte ou des rochers, l’air chaud monte à des vitesses différentes. Il crée des courants difficiles à prévoir pour un ballon aussi grand et aussi lent.
Peu après le lever du soleil et juste avant son coucher, l’air est le plus stable. La température du sol change lentement et le vent est au plus bas de la journée. Le pilote peut alors estimer bien plus précisément où le vol va l’emmener et où il pourra se poser en sécurité.


La deuxième chose, je ne l’ai comprise qu’une fois dans la nacelle : une montgolfière ne se pilote pas comme un avion. Le pilote ne contrôle que l’altitude. Avec le brûleur, il chauffe l’air et le ballon monte ; il le laisse refroidir et le ballon descend. La direction dépend uniquement du vent à cette altitude.
C’est pourquoi les pilotes expérimentés changent d’altitude pendant le vol. En haut et en bas, le vent ne souffle souvent pas dans la même direction, ce qui leur permet d’orienter un peu le vol. C’est exactement ce qu’on a observé à la Slovak Balloon Cup. Notre pilote a testé différentes altitudes jusqu’à trouver le courant qui nous portait dans la bonne direction.
Mes vols en montgolfière au-dessus de Košice et au pied des Hautes Tatras
Mon premier vol, c’était en mai, pendant la Balónová fiesta de Košice. Jusque-là, je ne connaissais la ville que d’en bas, depuis la rue principale (Hlavná ulica) et la cathédrale Sainte-Élisabeth. D’un coup, je l’ai vue tout entière : les ruelles, les toits et les bords de la ville, là où les maisons se perdent dans les champs. La montgolfière avance lentement et en silence, on n’entend que le grondement du brûleur de temps en temps. Je n’avais jamais vu une ville comme ça, ni depuis un avion, ni du haut d’une tour.
La deuxième expérience était différente, par l’ambiance comme par la météo. À la Slovak Balloon Cup, j’ai volé deux fois. Le premier matin, il y avait du brouillard au ras du sol, exactement le genre de temps où je m’attendais à ce que le vol soit annulé. Au lieu de ça, on a décollé droit dedans et, quelques minutes plus tard, on était au-dessus. Le brouillard est soudain devenu une nappe blanche continue sous la nacelle, et au-dessus brillait un soleil matinal sans voile.

C’est un moment qu’on ne peut ni planifier ni réserver, il faut simplement avoir de la chance. Le deuxième jour, au contraire, le ciel était parfaitement dégagé : j’ai vu tout le panorama des Hautes Tatras d’en haut, sans un seul nuage. Une expérience complètement différente, plus tournée vers la vue que vers l’atmosphère.
Vol en montgolfière : à quoi faire attention
Si vous achetez un vol en montgolfière pour la première fois, mieux vaut savoir quelques petites choses à l’avance pour éviter les surprises.
- L’astuce de Milan J’achèterais un bon de vol à validité longue plutôt qu’un créneau à une date précise. De toute façon, le vol n’est confirmé qu’en fonction de la météo, et mieux vaut garder de la marge pour une autre date.
- L’astuce de Milan Pour le décollage, j’avais mis une tenue de sport et de bonnes chaussures. Dans la nacelle, on reste debout, et à l’atterrissage, il faut s’attendre à un petit choc.
- L’astuce de Milan Je compterais facilement trois à quatre heures pour l’ensemble, du rendez-vous avec l’équipe jusqu’au retour à la voiture. Le vol lui-même dure pourtant en général autour d’une heure.
- L’astuce de Milan Après l’atterrissage, j’ai eu droit au traditionnel baptême des débutants : on est accueilli symboliquement parmi les aérostiers, verre à la main. Cela fait partie de presque tous les vols en Slovaquie, prévoyez donc un peu de temps pour ça.
Un vol en montgolfière, ça s’offre aussi : le bon est en général valable longtemps. La personne qui le reçoit peut ainsi choisir elle-même la date et la météo qui lui conviennent. Si le vol fait partie d’un voyage plus long, par exemple dans les Tatras ou autour de Košice, je le placerais plutôt en début de séjour que le dernier jour. Justement à cause de cette incertitude météo. S’il est reporté, il vous reste de la marge pour une autre date.


Trois conseils de Milan Bez Mapy avant votre premier vol
- N’emportez pas de gros sac à dos. Avec une montgolfière, on se retrouve souvent dans un pré, ou dans un coin où l’on arrive en tout-terrain. Et dans la nacelle, il n’y a tout simplement pas de place pour de gros bagages, ni pour des chaussures propres. L’idéal, c’est un petit sac à dos ou un sac que vous pouvez garder à vos pieds. Mettez aussi à l’abri votre téléphone, vos lunettes et les autres petits objets : après le décollage, le vent peut être étonnamment fort. Si vous atterrissez dans un champ, vous vous salirez, comme moi.
- Ne cherchez pas la vue seulement pendant le vol. Les moments les plus intéressants arrivent parfois avant le décollage et juste après l’atterrissage. Pendant le gonflage, vous voyez une immense toile se transformer peu à peu en machine volante. Après l’atterrissage, on la replie souvent sur place. Si vous le pouvez, ne partez pas dès que vous sortez de la nacelle.
- Attendez-vous à ne pas savoir où vous allez atterrir. Une montgolfière n’a ni moteur classique ni volant : le pilote joue surtout avec les différentes directions du vent selon l’altitude. Le vol peut donc se terminer à un tout autre endroit que prévu. Un détail pratique : ne prévoyez pas de quitter le lieu de décollage juste après le vol. L’organisateur vous ramène en général, mais l’ensemble peut prendre plus de temps que le vol lui-même.
Cet article a été réalisé en collaboration avec Balon.sk, l’organisateur de la Balónová fiesta de Košice et de la Slovak Balloon Cup au pied des Tatras.
Bon voyage, et tentez aussi la montgolfière en Slovaquie !
Milan Bez Mapy





